[Vin du Monde – Brésil] Dans le Santa Catarina, le vin fraye avec les limites de l’extrême!

[Em construçao]

Notre route nous emmène désormais dans le Santa Catarina, limitrophe du Rio Grande do Sul, où les amoureux de la nature, du calme et des vagues trouvent leur bonheur, arpentant les rues pavées aux couleurs provençales des villages de Santo Antonio de Lisboa, découvrant les cabanhitas de pêcheurs proposant un plateau d’huitres généreuses, surfant les vagues réputées de la ville-île de Fiorianopolis, profitant des dernières lueurs du jour pour déguster volontiers un des fameux espumantes brésiliens en terrasse…à moins qu’ils ne préfèrent profiter des multiples brasseries artisanales qui ravissent les amateurs de bière, venus notamment, célébrer la si réputée Oktoberfest de Blumenau.

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Mais, c’est sans compter ni connaître la route sinueuse et montagneuse qui, d’Urussanga à Saõ Joaquim, nous mène à des vignobles cachés de la vallée de Goethe aux vignobles d’altitude de la Serra… Jungle, cactus, campagne verdoyante, forêt dense de sapins accrochés aux flans abruptes de la montagne… laissent entre-apercevoir quelques vignes… Un paysage inédit.

Dans la vallée de Goethe, première appellation géographique de l’état du Santa Catarina, les petites structures familiales côtoient les maisons artisanales… autour d’un cépage blanc, le Goethe, petit, rond, légèrement acidulé, à la peau extrêmement fine, plantée sur une vigne américaine très résistante. Car, comment penser, comment croire et comment imaginer une plantation de vignes dans un tel paysage ? Tantôt l’humidité et la végétation tropicale nous fait penser à la jungle, tantôt les cactus et palmiers nous invitent en plein désert…

Une toute jeune production – on fête son centenaire ! – qui nécessite connaissance, savoir-faire, méthode et exigence… On presse le jour même de la récolte, risque d’oxydation oblige… On laisse même fermenter les premières heures le raisin avec sa peau, pour ne pas risquer de perdre presque la totalité de la récolte… On surveille et contrôle avec précision la température de la cave, quand d’un hiver rigoureux à un été étouffant, le thermomètre peut afficher -4°C comme 44°C…

Chacune des cinq maisons, qui font encore vivre ce cépage méconnu, vous reçoit avec simplicité, spontanéité et générosité et partage ses petits secrets et merveilles autour d’un apéritif – plutôt très matinal – ou d’une dégustation très complète autour du Goethe – en mono-cépage, en assemblage avec du Chardonnay ou en espumante –. Fruité et acidulé comme ses notes de pomme granny, minéral avec une pointe de noix torréfiées , il se sert volontiers à l’apéritif ou accompagne parfaitement des fruits de mer… Un vin facile, frais, singulier, parfois déroutant pour un palais français… mais typique du terroir. Un terroir qui se retrouve dans le chardonnay autour de notes de fruits de la passion. Un premier pas vers l’exotisme brésilien… Découvert à la Villa Baldin, à la Casa de Nonno ou encore à la Villa Mazon…

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… De la vallée, la route sinueuse, montagneuse, bordée tantôt d’une végétation luxuriante, tantôt d’une forêt dense de sapins, nous mène à la Serra, une région où les vignobles fleurissent depuis une quinzaine d’années, bravant des conditions parfois extrêmes, à plus de 1200m d’altitude. En été, une journée chaude et ensoleillée laisse place à des nuits très fraîches… Les vendanges débutent en mars et se terminent fin mai, parfois même avec les premières gelées d’automne… Qui laissent présager la production de vins de glace. Chardonnay, Montepuciano, Sagiovanese, Pinot Noir ou encore Cabernet Sauvignon profitent d’un terroir riche pour offrir des vins d’altitude aromatiques, tanniques et bien surprenants – plus riches que les vins brésiliens du Sud.

Notre chemin s’arrête, entre vignobles et pommeraies, à Sao Joaquim, aux portes de la route des vignobles d’altitude, la ville la plus froide du Brésil. Jeunes vignobles, conditions extrêmes, terroir d’une typicité particulièrement originale pour le pays font de la Serra une région viticole plus touristique qu’authentique… mais non moins intéressante. Ses vins y sont de qualité, travaillés et percent peu à peu le marché de Santa Catarina avec son million de bouteilles produites.

Notre visite à la Villa Francioni nous laisse découvrir toute la richesse de ce terroir : un espumante rosé – fait au palais brésilien, légèrement trop sucré pour un palais français –, une gamme de vins rouges variés où les arômes se développent autour des épices et des fruits noirs… On restera cependant sur notre fin… après une visite au pas de courses, une dégustation tout aussi rapide qu’étonnante – commencé par un espumante rosé… –, une qualité défaillante – paraît-il que le dépôt en fond de verre n’est pas signe de défaut à la Villa Francioni… –, des prix qui peuvent sembler dissausifs…

Une déception d’autant plus grande que les autres bodegas restent fermés en ce dimanche… Il nous faudra revenir en septembre, à notre retour à Urussanga.

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